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analyses
Hillary Clinton : candidate mais aussi «épouse, mère, grand-mère…»
Élisabeth Vallet, 14 avril 2015
   Hillary for America   L’année 2016 marquera un véritable tournant dans la campagne marketing entourant Hillary Clinton. Diffusée il y a quelques jours, la vidéo officielle qui annonce sa candidature à la présidence est très largement tournée sur les femmes, la famille, les enfants.

Moins agressive, moins «commandant en chef des forces armées» (un critère qui était redevenu, après le 11 septembre, déterminant pour l’élection), Hillary se révèle moins carriériste et plus à l’écoute.

 

On en veut d’ailleurs pour preuve le fait qu’elle évite, dans les jours suivant l’annonce de sa campagne, les grands rassemblements pour leur préférer une campagne «au détail», de proximité — axée sur le modèle de celle qui avait fait son succès pour son élection au Sénat (le fameux «listening tour» de 1999, au cours duquel elle s’adressait à de petits groupes).

 

L’objectif est de réaliser ce qu’elle avait refusé de faire à la convention démocrate de 2008 (car elle le voyait alors comme une tare et non un atout) : assumer, voire embrasser son genre. La voilà donc qui redistribue les cartes. En témoigne la manière dont elle s’identifie sur Twitter : «épouse, mère, grand-mère…»

 

Contexte favorable

Il faut dire qu’elle se présente à l’heure où la démographie est favorable à ce type de discours. En effet, alors que la majorité des citoyens en âge de voter sont des femmes (53 % en 2012), celles-ci ne détiennent que 19 % des sièges au Congrès et ne représentent que 17 % du fameux clan des Fortune 500 (les 500 plus importantes entreprises américaines, classées selon l’importance de leur chiffre d’affaires).

 

Dès lors, les préoccupations des femmes — qui travaillent de plus en plus tout en ayant des enfants ; qui représentent de plus en plus les premiers soutiens dans les familles ; qui sont de plus en plus fréquemment mères célibataires — demeurent peu prises en considération par des législateurs majoritairement masculins.

 

Les femmes figurent encore parmi les acteurs les plus vulnérables de l’économie, d’abord en raison de l’inégalité salariale. Il en est pour dire que le nombre de mères célibataires vivant sous le seuil de la pauvreté pourrait être réduit de moitié avec la simple mise en place de l’équité salariale.

 

Autre raison de cette précarité : les coûts de garderie restent prohibitifs, alors que dans 6 ménages sur 10, les deux parents travaillent. Or, en 2012, un votant sur trois avait à sa charge des enfants âgés de moins de 18 ans.

 

Les enjeux de 2016

Dès lors, certains enjeux devraient devenir cruciaux en 2016. Par exemple, dans un rapport paru au cours de l’automne 2013, l’organisme Child Care Aware établit que dans 31 des 50 États américains, le coût d’une garderie est plus élevé que celui des premières années d’université (le «college»).

 

À son tour, le Pew Research Center a repris les données de l’organisme pour souligner le coût moyen (et très élevé, comparé à nos propres standards) des crèches américaines :

ChildcareCosts table2

 

Si cela explique — crise financière aidant — que 29 % des mères américaines restent désormais à la maison pour s’occuper des enfants, il se trouve qu’une majorité d’entre elles demeurent sur le marché du travail. Elles sont alors aux prises avec des conditions de travail peu avantageuses : des congés payés non encadrés, des prestations sociales variables, un nombre d’heures de travail hebdomadaire non garanti, etc.

 

Forgée en 2012, la stratégie des républicains qui consiste à mener «la guerre contre les femmes» continue de faire perdre des votes au parti (notamment auprès des jeunes, des femmes et des minorités ethniques). Hillary Clinton a saisi la balle au bond et se prépare à mener cette offensive.

 

Tiré du Blogue Politique sur lactualite.com

 
   
   

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