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analyses
Le jour où les Primaires américaines ont commencé
Barthélémy Courmont, 13 avril 2015
  Jeb Bush by Gage Skidmore 3   Le voile est enfin levé sur le plus grand secret de polichinelle aux Etats-Unis depuis sa mise en retrait de la vie politique en 2013 : Hillary Clinton a officiellement annoncé sa candidature aux Primaires du parti démocrate en vue de l’élection présidentielle de novembre 2016. La campagne électorale commence donc, elle se terminera avec la désignation du successeur de Barack Obama, au terme d’une lutte longue de plus de 500 jours.

Les candidatures à l’investiture de Ted Cruz et de Rand Paul marquèrent les premières entrées officielles en campagne, mais face à ces deux candidats disposant de chances assez maigres, c’est plus encore la volonté affichée de Jeb Bush de porter les couleurs du Grand Old Party qui avait déjà lancé les hostilités. Le fils et frère de présidents n’est pas encore dans la course, mais il fait déjà office de favori dans le camp républicain. Les nostalgiques se prendraient presque à rêver d’un duel Bush-Clinton, ressortant les bannières et les badges de 1992 pour un de ces sequel dont les Américains sont friands. Et on voit déjà Bill Clinton repartir en campagne, après celles de 1992 et de 1996 à son profit, et de 2008 pour sa femme. Son slogan de 1992, « deux présidents pour le prix d’un », qui vantait les mérites de sa compagne, pourrait devenir le slogan de celle-ci. Il faut dire que face à des noms pouvant rassembler de tels soutiens et de tels financements, la concurrence aura du mal à trouver sa place. Hillary Clinton est même déjà donnée gagnante dans le camp démocrate, alors que pas un seul autre candidat ne s’est encore manifesté. Parmi les prétendants, Elizabeth Warren, la sénatrice du Massachusetts, virulente à l’égard du système financier, pourrait être la plus dangereuse pour l’ancienne First Lady. Mais elle n’a pas encore manifesté le souhait de se porter candidate. La route n’est pas encore totalement dégagée pour Madame Clinton, mais on ne voit pas encore d’obstacle qui pourrait se mettre en travers de sa marche vers l’investiture de son parti.

 

« Les Américains moyens ont besoin d’un champion, et je veux être ce champion ». C’est sans doute la phrase qu’il faudra retenir de l’intervention de Madame Clinton. Une phrase qui semble inspirée par la volonté de barrer la route à Elizabeth Warren, et de se démarquer déjà des candidats républicains. Une phrase qui laisse également planer le doute sur la profondeur du programme de la candidate à l’investiture démocrate, qui aura le plus grand mal à prendre ses distances avec le bilan de Barack Obama – dont elle fut la secrétaire d’Etat de 2009 à 2013. Cette phrase inscrit de fait le programme de Madame Clinton dans la poursuite de l’action du président actuel. Or, il est rare dans l’histoire récente des Etats-Unis de voir deux présidents élus successivement être issus du même parti et avoir travaillé dans la même administration. La dernière fois, c’était en 1988, et l’heureux élu était l’ancien vice-président de Ronald Reagan, un certain George Bush…

 

Barack Obama a apporté son soutien à celle qu’il avait battue en 2008 au terme d’une bataille acharnée. Et ce soutien présidentiel semble déjà interdire toute autre candidature sérieuse au sein du parti. La place est déjà prise. Un avantage ? Pas nécessairement. La campagne vient à peine de commencer, elle n’a d’ailleurs même pas encore commencé pour la grande majorité des prétendants. Et pourtant, les Républicains savent déjà quel sera leur adversaire. A la manière d’une campagne de réélection, Hillary Clinton va focaliser l’attention de tous ses adversaires et il serait étonnant que les Républicains n’aient pas déjà réfléchi aux sujets sur lesquels ils vont vouloir l’attaquer. Après une campagne 2012 bien terne, la faute à des opposants à Obama sans grande consistance, celle de 2016 s’annonce déjà passionnante.

 

Tiré du Blogue IRIS

 
   
   

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