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analyses
Qu’attendre du deuxième débat Obama – Romney ?
Julien Tourreille, 16 octobre 2012
800px-ObamaVsRomney La bonne prestation de Mitt Romney lors du premier débat présidentiel lui a permis d’apparaître aux yeux des Américains comme un candidat crédible à la présidence. Suivi par près de 70 millions de téléspectateurs, soit un record depuis le débat Carter – Reagan de 1980, ce premier face-à-face semble ainsi avoir eu un effet majeur sur la course à la Maison-Blanche en la rendant particulièrement serrée et indécise. 

Le format du deuxième débat qui a lieu ce soir, le town hall (pratique importée par les Colons en Nouvelle-Angleterre au 17e siècle et utilisée à l’origine dans les églises protestantes avant d’être reprise pour les assemblées municipales), présente un autre défi pour le candidat républicain : démontrer qu’il est proche de l’Américain moyen et de ses préoccupations. En la matière, même après le débat du 3 octobre, le candidat républicain souffre d’un déficit de 29 points par rapport au président Obama.

Depuis deux semaines environ, Mitt Romney a donc multiplié les arrêts dans des lieux tels que des fast-food ou des quincailleries, afin de rencontrer le plus possible ce fameux « Américain moyen ».  Or, si les conseillers de Romney reconnaissent bien volontiers que le format du town hall est favorable à Obama, il ne faut pas oublier que ce type d’échange avec l’électorat était au cœur de sa stratégie de campagne lors des primaires républicaines de 2008 (le titre de ces rencontres était « Ask Mitt Anything ») et qu’il a encore été abondamment utilisé lors des primaires de 2012, en particulier au New Hampshire.  Cette expérience du town hall a par ailleurs était complétée par un entrainement intensif, Romney ayant passé les deux derniers jours à Boston pour préparer ce deuxième débat.

Au-delà du format de ce débat qui serait a priori moins favorable à Romney qu’à Obama, voici 3 points à surveiller lors de ce deuxième face-à-face :

1.      Obama devrait être plus offensif. Le président sortant et ses conseillers savent pertinemment qu’une nouvelle contre-performance pourrait lui coûter la victoire au soir du 6 novembre. Il est donc probable qu’Obama attaque Romney sur son bilan à la tête de Bain Capital, sur ses remarques concernant les « 47 % d’Américains » qui ne paient d’impôts et dépendent de l’État, ou encore sur le flou de ses propositions fiscales. Or, une telle posture offensive n’est pas dans les habitudes d’Obama et est délicate à mettre en œuvre dans ce type de débat (voir ci-dessous)

2.      Romney doit absolument répéter sa bonne prestation du premier débat. En effet, si celle-ci a redonné un souffle à sa campagne et a resserré la course à la Maison-Blanche, Romney s’est rapproché d’Obama, mais il ne l’a pas dépassé. Les sondages nationaux placent les deux candidats au coude à coude. Surtout, Obama demeure en tête dans le décompte des voix au Collège Électoral, même si son avance dans nombre d’États-clés – en premier lieu l’Ohio – s’est nettement réduite.

3.      Les deux candidats ne doivent pas oublier que le but d’un débat de type town hall est de démontrer leur capacité à créer un lien avec l’électeur. Ce sont en effet des électeurs qui poseront directement leurs questions aux candidats. La modératrice, Candy Crowley de CNN, pourra intervenir en demandant des précisions à ces candidats. Dans un tel exercice, ceux-ci doivent donc d’une part créer un lien avec l’électeur et d’autre part, trouver le ton juste dans leurs attaques afin d’éviter d’être perçus comme excessivement agressifs.

Le débat de jeudi dernier entre les deux colistiers n’a pas altéré la dynamique de la campagne. Il a toutefois permis d’identifier les angles d’attaques que devrait privilégier Obama : les remarques sur les « 47 % d’Américains » ne payant pas d’impôts, les questions fiscales, les positions du ticket républicain sur l’avortement… Du côté républicain, les principaux thèmes que Romney devrait exploiter : « les Etats-Unis ne peuvent pas se permettre 4 années supplémentaires des mêmes politiques économiques qui n’ont pas créé d’emplois » et le manque de leadership de l’administration Obama. 

Au-delà du message général des candidats, dans un contexte de lutte extrêmement serrée, les deux campagnes vont devoir concentrer leurs efforts sur la compétition de terrain. Les activités pour s’assurer que les électeurs se rendent aux urnes et pour multiplier les votes anticipés vont se multiplier, en particulier dans un poignée d’États-clés que les candidats vont encore abondamment parcourir : l’Ohio, la Virginie, le Colorado, et la Floride. À 3 semaines du scrutin, l’organisation et le travail sur le terrain sont donc des éléments cruciaux pour espérer remporter la Maison-Blanche.
 

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